Ce sont les salaires qu’il faut augmenter

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Parmi les mesures présentées le 16 janvier par Sébastien Lecornu pour éviter la censure, le gouvernement a annoncé une hausse de la prime d’activité – « en moyenne 50 euros par mois ». Loin d’être l’avancée qu’elle semble être, cette proposition ne répond en rien aux besoins des travailleur·ses.

La prime d’activité ne remplace pas le salaire

Contrairement au salaire, la prime d’activité n’est pas prise en compte pour le calcul de la retraite et des autres prestations sociales. Elle n’est d’ailleurs pas pérenne : quand le salaire net d’un·e travailleur·se (seul·e et sans enfant) augmente de 100 euros, sa prime diminue de 39 euros !

Contrairement aux augmentations du Smic qui touchent l’ensemble des salarié·es se situant à ce niveau de salaires, la prime d’activité ne concerne pas tou·tes les travailleur·ses : près de la moitié des travailleur·ses proches du Smic ne bénéficient pas de la prime d’activité, pour deux raisons :

  • pour bénéficier de la prime d’activité, il faut en faire la demande – et tou·tes les salarié·es ne savent pas qu’elles et ils peuvent en bénéficier. Il y a donc une part importante de non-recours ;
  • le mode de calcul de la prime d’activité est familialisé, et prend en compte le salaire, la composition du foyer et la situation professionnelle de l’éventuel·le conjoint·e.

Une énième aide aux entreprises

Les exonérations de cotisations concentrées entre 1 et 1,6 Smic incitent les employeurs à ne pas augmenter les salaires. La prime d’activité a été mise en place pour compenser partiellement la faiblesse des rémunérations au Smic et des bas salaires qui en sont proches.

La prime d’activité est de l’argent public, largement financée par les travailleur·ses par l’impôt. Ce sont donc les travailleur·ses qui payent collectivement pour garantir à celles et ceux qui ont les salaires les plus faibles un revenu décent, permettant employeur·ses de continuer à payer de très faibles salaires et conserver de nombreuses exonérations.

Une seule (vraie) solution : augmenter les salaires

Pour préserver le grand patronat, le gouvernement préfère faire peser un effort de 2 milliards d’euros sur les finances publiques plutôt que mettre à contribution les entreprises en donnant un coup de pouce au Smic !

Pour le niveau de vie des travailleur·ses, la CGT revendique de véritables augmentations de salaires !

  • un Smic à 2 000 euros bruts indexé sur l’IPCH ;
  • indexation de tous les salaires sur les prix ;
  • la fin des exonérations de cotisations sociales, qui coûtent 80 milliards d’euros par an à nos caisses de sécurité sociale et maintiennent les salarié·es dans de véritables trappes à bas salaires ;
  • la fin du gel du point d’indice des fonctionnaires, source d’un véritable décrochage depuis vingt-cinq ans – voir notre simulateur.