Une résistante
Née le 23 août 1924 à Arvilliers, Madeleine Riffaud n’a pas 17 ans quand elle entre dans la Résistance au sein des Francs-Tireurs et Partisans. Sous le nom de Rainer, elle transporte des armes, des journaux clandestins, des messages… Elle agit.
Arrêtée par la Gestapo après avoir abattu un officier SS en plein jour, au cœur de Paris – « il fallait le faire » dira-t-elle plus tard –, elle est torturée longuement, et garde le silence. Condamnée à mort, elle survivra, et attaquera un train de la Wehrmacht à peine évadée, le 23 août 1944, le jour de ses 20 ans. Survivre lui avait retiré la peur, disait-elle souvent.
Une journaliste militante
La Libération ne marquera pas la fin du combat pour Madeleine, qui devient journaliste à L’Humanité, puis à La Vie Ouvrière, le journal de la CGT. Elle couvrira les grèves de 1947-1948 puis les guerres de décolonisation – Indochine, Vietnam et Algérie. Écrivant depuis les villages bombardés, les hôpitaux, les maquis, elle dénonce les crimes coloniaux, les tortures, les mensonges d’État, faisant d’elle la cible de l’OAS – qui tentera d’attenter à sa vie sans succès.
En écho à son premier métier – sage-femme – elle se fait embaucher comme agente hospitalière pour témoigner de l’envers du décor des hôpitaux de Paris. En publiant Les Linges de la nuit, elle est la première à mettre en lumière ces métiers invisibilisés et dévalorisés parce que féminisés.
Une boussole pour celles et ceux qui restent
Madeleine s’éteindra le 6 novembre 2024 à Paris, au lendemain de l’élection de Donald Trump – personnification de ce contre quoi elle a lutté toute sa vie, par les armes et par la plume. Comme pour nous dire une dernière fois sans discours inutile, que rien n’est jamais définitivement gagné.
Rendant femmage à cette militante exceptionnelle, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, conclura son discours par ces mots :
Une exigence de liberté.
Une exigence de courage.
Une exigence de détermination et de droiture. »
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